EDITORIAL

L’Institut Français d’Agadir en est à la 5ème édition de son Université d’été. C’est le moment de souligner la cohérence d’une action commencée en septembre 1998, qui a pour vocation de s’inscrire dans la durée et dont on constate qu’elle mobilise, depuis cinq années, à la charnière des vacances d’été et de la rentrée scolaire, un large éventail de formateurs.

Après avoir décliné l’apprentissage du français autour de problématiques fondamentales et toujours d’actualité :

En 1998, « Le français comme on l’aime ! » pour poser d’emblée le postulat qu’on ne peut apprendre ou enseigner que ce que l’on aime ;

En 1999, « Le français ? Parlons-en » parce que c’est à travers une pratique vécue de l’oral que la langue s’enracine durablement, comme le prouvent par ailleurs à l’envi les activités théâtrales en milieu scolaire;

En 2000, « Lire en français» pour donner à tous les moyens d’exploiter les ressources d’écrits qui s’étalent partout, avec une jeunesse retrouvée, du rayonnage des médiathèques à internet ;

En 2001, « Et si nous écrivions en français ? » lancé comme un défi parce que c’est au moyen de l’écrit que perdurent témoignages et témoins.

Après avoir tenté de répondre dans le même temps, aux préoccupations des enseignants qui s’interrogent sur les meilleurs moyens de former élèves, collégiens, lycéens à la maîtrise de l’oral et de l’écrit, nous avons choisi cette année de centrer la réflexion et la curiosité collectives autour des médias toujours bien vivants malgré la médiatisation du multimédia.

En effet, bien qu’ils soient le bain quotidien des apprenants, l’écrit de la presse, le son de la radio, l’image de la télévision n’ont jamais cessé de camper en dehors des lieux d’apprentissage, donnant ainsi continûment à la classe l’apparence d’un espace hors du temps. Pour des raisons d’équipement, le multimédia connaît à l’heure actuelle un sort analogue.

Si donc nous avons appelé cette 5ème Université d’été « Médias et multimédia dans l’apprentissage du français. Mode d’emploi », c’est précisément pour afficher la volonté de les faire entrer enfin de plain-pied dans les pratiques de classe, au même titre que le tableau noir, le manuel, le discours magistral. Ce faisant, nous souhaitons donner une impulsion significative aux situations d’enseignement / apprentissage.

Aux enseignants qui se prendront au jeu d’essayer des pratiques nouvelles, il est garanti qu’ils acquerront une incontestable expertise avec ce que cela implique de retombées sur tous les apprentissages. Enfin, il n’est pas interdit de rêver qu’au sortir de la classe, voire de l’école, les apprenants eux-mêmes, plus attentifs aux médias qui les entourent, auront progressivement acquis le réflexe de continuer d’apprendre à l’école de la vie dont les médias sont présentement un acteur déterminant.

Bérénice GULMANN

Directrice

de l’Institut Français d’Agadir

Hugues HAEMMERLÉ

Chargé des Actions

de Coopération pour le Français